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Principaux objectifs atteints | Revue de presse | Questionnaire sur échantillon représentatifHebdomadaires, lundi 16 mai 2011
Allocution de M. Mark Muller, président du Conseil d'Etat à l’occasion de l'ouverture de la XVIe session du Conseil de l'Organisation météorologique mondiale, lundi 16 mai 2011 à 10h00 au CICG
Parmi les 22 organisations internationales et agences de l'ONU présentes à Genève, l'OMM m'a toujours paru occuper une place à part. J'y vois trois raisons et je voudrais m'en expliquer.
D'abord, très simplement, tout le monde s'intéresse à la météo. C'est humain: on veut connaître le temps qu'il va faire demain.
Ensuite, plus fondamentalement, l'OMM développe des programmes qui peuvent avoir des répercussions sur la vie de populations entières; sur des régions, des systèmes économiques, des Etats entiers.
Enfin, l'OMM n'est pas de ces organisations qui ne peuvent intervenir qu'après les événements, afin d'en atténuer les effets; elle est de celles qui, par la science de la prévision, peuvent tenter d'agir avant. Elle pose des indicateurs, analyse des données et prévoit des mouvements dans un monde dont l'activité humaine, on le sait, n'est pas sans effet sur le climat.
Mesdames et Messieurs, je sais que c’est là que réside la part la plus délicate, parfois, de vos travaux. Le monde, en effet, n'a jamais aimé les Cassandre. Lorsque l'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), par exemple, annonce de mauvaises nouvelles et propose de nouveaux comportements, ceux-ci ne sont pas faciles à mettre en place. Lorsque des sécheresses menacent les récoltes au-delà de ce que les populations peuvent supporter, ce sont des exodes qui se préparent; des réfugiés qui ne sont pas toujours bienvenus; et parfois, des conflits qui éclatent. Les catastrophes naturelles d'origine climatique, ce sont des Etats qui cessent de vivre, des familles anéanties, des industries brisées, la chaîne alimentaire bloquée, des communications impossibles, des écoles disloquées.
Face aux mystères que vous tentez d’apprivoiser, vous ne pouvez pas tout mais vous pouvez beaucoup. Il n’est pas un secteur de l’activité humaine, pas un!, qui ne soit concerné par le champ de vos activités. C'est dire si votre rôle est déterminant. En agissant comme vous le faites, par exemple – ce n’est qu’un exemple, d'une actualité récente – dans la détection des cyclones, observant et alertant, vous sauvez des vies et le fonctionnement, autant que possible, de systèmes sociaux entiers.
La prévision, par définition, c'est la vision à long terme. Les progrès de la science permettent d'étendre le champ de vision et d'affiner la précision des constats. Ensuite, il appartient aux Etats qui vous mandatent, et à la société, de vous écouter et de comprendre les changements que peuvent induire vos analyses. Vos missions – standardisation des mesures météorologiques, hydrologie opérationnelle, détection des changements atmosphériques, analyse et coopération internationales… – vos missions sont les précieux instruments de cette veille permanente.
Il est intéressant de constater que cette sensibilité des Etats aux questions météorologiques et atmosphériques a d'ailleurs anticipé la coopération politique – du moins telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elle a clairement, en effet, une origine économique. La première conférence internationale de météorologie s’est tenue à Bruxelles en 1853; à cette époque, l’enjeu consistait à améliorer la sûreté des échanges maritimes. Vous êtes dans le concert des Nations parce que chacune d'entre elles a besoin de comprendre le climat.
Mesdames et Messieurs, Genève est fière d’accueillir l’OMM. Votre organisation a une influence sur la vie de milliards de gens. A cette lumière, je constate que, finalement, le temps qu’il fera demain à Genève est de peu d’importance en regard de vos travaux. Il pleut toujours trop quelque part et pas assez ailleurs. C’est secondaire quand c'est temporaire. Mais ce qui est ni secondaire ni temporaire, c’est que le climat se modifie. Les conséquences de cette évolution sont préoccupantes. Tout l’enjeu de vos travaux consiste à comprendre le phénomène et à proposer les instruments de sa maîtrise. Notre navire commun, la Terre, a besoin de vigies – et vous êtes ces vigies.
Je vous remercie et vous souhaite une excellente session.
Le texte dit fait foi.

