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Principaux objectifs atteints | Revue de presse | Questionnaire sur échantillon représentatifAllocution de M. Mark Muller, président du Conseil d'Etat
à l’occasion de la Réception en l’honneur de Mme Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération, dimanche 12 décembre 2010
dès 14 h 30 au parc des Bastions
Permettez-moi tout d’abord, Madame la Présidente et chère Micheline, d’exprimer ici, au nom du Conseil d’Etat et de l’ensemble des Genevoises et des Genevois, notre joie de saluer l’élection de l’une des nôtres à la tête de l’Exécutif fédéral. Après votre première année présidentielle en 2007, vous voici à nouveau prima inter pares, à la fois deuxième et quatrième femme à revêtir cette charge. Genève peut être fier de ses conseillères fédérales. En effet, après plus de sept décennies d’absence du Conseil fédéral, notre Canton aura eu trois présidentes de la Confédération, trois sur quatre à ce jour!
Vous avez souhaité, Madame la Présidente, que la traditionnelle fête en l’honneur d’un – en l’occurrence d’une – enfant du pays accédant aux fonctions présidentielles se confonde avec la célébration de l’Escalade. C’est une décision qui symbolise bien votre attachement à Genève et surtout aux Genevoises et Genevois. Elle montre votre volonté de rester proche de celles et ceux qui, au cours de votre carrière, vous ont manifesté leur confiance.
Quelle carrière, en effet! A peine arrivée de votre Valais natal, dont certains disent que vous tenez votre caractère affirmé et votre ténacité, vous voilà licenciée en Hautes études internationales et cheffe d’entreprise. Parallèlement, la politique sème des pétales de rose sous vos pas et place des lauriers sur votre front. Vous présidez votre parti, le PS genevois, à deux reprises, puis le Grand Conseil où vous avez été brillamment élue et réélue dès 1981. Conseillère d’Etat dès 1997, vous présidez le Gouvernement genevois en 2001-2002. En décembre 2002, vous êtes élue Conseillère fédérale, et depuis le 1er janvier 2003, vous dirigez avec panache la politique étrangère de notre pays.
Conseillère d’Etat chargée des finances de notre République et canton, vous aviez démontré votre pragmatisme et profondément restructuré une administration fiscale qui devait faire face à une conjoncture économique difficile. Maîtrise de la dette et sauvetage de la Banque cantonale en auraient effrayé plus d’un, et plus d’une: pas vous.
Conseillère fédérale, vous avez traversé sept ans parmi les plus denses depuis des décennies, sur le plan des relations extérieures de notre pays. La Suisse, très vieille démocratie, est un très jeune membre de l’Organisation des nations unies.
Par votre combat pour une politique déterminée en faveur des droits humains et de la paix, vous lui avez donné une nouvelle visibilité. Il est vrai que vous avez remis au goût du jour le concept de neutralité. Un curieux mot que celui-là. Certains ne le conçoivent qu’assorti d’un adjectif: neutralité passive, ou au moins inactive. Vous, vous préférez la neutralité active. Votre engagement a quelque peu bousculé la part la plus monolithique des institutions fédérales.
Si vos collègues du Conseil fédéral et vous-même, Madame la Présidente, manifestez si régulièrement votre appui à la Genève internationale, ce n’est pas – ou pas seulement – parce que vous êtes de cette Cité. C’est parce que si l’on veut – et c’est votre cas – que le droit prime sur la force, un centre de compétences, de dialogue et de paix comme Genève doit être toujours plus fort, toujours plus actif. Vous avez l’ambition que la Suisse joue un rôle concret dans l’évolution de notre monde de plus en plus interdépendant. Une évolution vers davantage de justice, davantage de dialogue, davantage de développement. Cette ambition, soyez sûre que l’ensemble des Genevoises et des Genevois la partagent.
Voilà un peu plus de quatre siècles, nos ancêtres ont su coaliser leurs efforts pour repousser une tentative d’imposer par la force un changement politique qui aurait foulé aux pieds le système de valeurs qu’ils avaient adopté. Aujourd’hui, alors que tant de guerres et de discordes, tant de misère et de souffrances frappent nos frères humains, la mission de la Suisse est clairement tracée. Les armes de 2010 ne sont plus des arquebuses et des marmites contondantes. Notre arsenal, c’est celui du droit international, du respect des traités et des initiatives pionnières en faveur de la paix et du développement.
Notre République est heureuse et fière que ce soit l’une de nos concitoyennes qui assure avec constance et détermination le commandement de cette lutte pacifique.
Madame la Présidente de la Confédération, chère Micheline, vous êtes ici chez vous, parmi les vôtres, et au cœur de festivités qui n’ont rien de tapageur, rien de présomptueux, rien de «bling-bling» en un mot. Une fête dont l’esprit est le sérieux, la ferveur, mais aussi la conviction d’avoir un destin collectif, un message à transmettre, un étendard de liberté à brandir. Il n’y a décidément pas à s’étonner de votre choix, qui vous correspond en tout point.
Au nom du Conseil d’Etat et du peuple genevois, je forme le vœu que cette année de présidence soit couronnée de nouveaux et pleins succès pour notre pays, pour notre canton et bien entendu pour vous-même.
Le texte dit fait foi.

